Correctement gérer l’exposition de l’image dans un portrait (2)

29 novembre 2013-174733

Cet article est la suite de la série commencée ici, et que vous pourrez retrouver toutes les semaines, ayant pour but de vous aider à faire de meilleures photos. Le thème que je vais développer est un thème qui m’est cher : le portrait. Souvent vu, à tort, comme un exercice facile, ces quelques trucs vont vous aider pour améliorer votre pratique du portrait photo.

Tous les trucs et astuces donnés sont destinés aux débutants. Comme toutes les règles elles ne sont valables qu’un temps, et en améliorant votre pratique, vous comprendrez les raisons qui sous-tendent ces règles. Une fois cet apprentissage technique et formaliste dépassé, j’espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à aller au-delà, et que vous ferez de très grandes photos !

Mais procédons par étapes. Avant de réussir de grandes photos, voici quelques trucs pour réaliser, à coup sûr, de bonnes photos.

Nous n’aborderons pas dans cet article les techniques d’éclairage pour les portraits studio. Nous en reparlerons dans d’autres (beaucoup d’autres) articles, tant le sujet est vaste.

Maîtriser l’exposition, c’est d’abord maîtriser les réglages de l’appareil (2)

L’œil humain ne « voit » que lorsqu’il y a de la lumière. Plus précisément l’œil ne perçoit que des réflexions de la lumière environnante. Les objets ne sont visibles que par la lumière qu’ils réfléchissent. L’appareil photo fonctionne de la même manière.

C’est le capteur (ou le film) qui est exposé à la lumière. Celle-ci est réfléchie par le sujet que l’on veut prendre en photo. Cette captation de la lumière va subir un filtre par l’objectif. On peut influer sur l’exposition par la manière dont le capteur va interpréter les informations de lumière qui va lui être transmises par trois leviers : la durée d’exposition et l’ouverture du diaphragme, pour l’objectif, et la sensibilité pour le capteur.

Les trois leviers de l’exposition : la durée d’exposition, l’ouverture du diaphragme et la sensibilité

La sensibilité

La sensibilité, c’est la quantité d’information de lumière nécessaire pour faire une photo (ni trop claire, ni trop sombre).

Elle est exprimée en Iso  et est assez proche de la sensibilité, en iso, de la sensibilité des films argentiques. Un film à 400 Iso donnera un rendu proche d’un réglage de capteur à une sensibilité à 400 iso. L’énorme avantage du numérique prend tout son sens : d’une photo à l’autre, vous pouvez changer la sensibilité en fonction de la photo que vous voulez faire.

Elle dépend de votre appareil photo, et de la qualité de fabrication du capteur. Mais retenez un point, plus il est grand (physiquement, et non en pixel) plus la qualité d’image sera grande (beaucoup d’autre facteur vont entrer en compte, toutefois). Il est, par exemple, tout petit sur un Smartphone; il est beaucoup plus grand sur des reflex.

L’objectif, lui, dispose de deux leviers : le diaphragme, la taille à laquelle il va s’ouvrir (comme l’iris d’un œil) et la durée d’ouverture (durée d’exposition).

L’ouverture du diaphragme

L’ouverture du diaphragme est exprimée en valeur focale : ex. f3.5. Les fabricants indiquent les valeurs maximales et minimales comme ceci : f 3,5 32, veut dire que le diaphragme de l’objectif ouvre au plus grand à 3.5 et au plus petit à 32. Plus le chiffre minimum est petit, plus l’objectif laissera passer de lumière. La valeur d’ouverture la plus grande est 1. A une valeur de 1, l’objectif laisse passer autant de lumière qu’il reçoit. Les objectifs professionnels (n’existant à ma connaissance qu’en focale fixe) ont une ouverture de f1,4, avec très peu de perte de lumière. Il existe quelques objectifs (rares et couteux) qui ont une valeur inférieure qui ont vu le jour ces dernières années. Retenez qu’une ouverture à f2,8 est déjà tout à fait correcte !

La durée d’exposition

Pour faire une comparaison, prendre une photo c’est comme remplir un verre d’eau. Vous pouvez faire couler l’eau pendant plus ou moins longtemps (durée d’exposition) ; ouvrir le robinet plus ou moins fort (ouverture du diaphragme) ; et enfin choisir un verre plus ou moins grand ! (la sensibilité du capteur). Ces trois leviers sont dépendants les uns des autres : si vous prenez un très grand verre, avec un robinet qui ne donne que du goutte à goutte, il faudra attendre longtemps, ou remplir un tout petit verre (avec une sensibilité élevée) ! C’est pareil pour la photo, une faible sensibilité (en iso), avec une faible valeur d’ouverture vous conduira à une longue exposition (plusieurs secondes, voire plus).

Les appareils photos modernes disposent de capteurs d’exposition. Ils calculent la valeur de lumière présente dans la scène que vous voulez photographier et propose un réglage adapté. Pour des prises de vues plus créative, il faut parfois s’affranchir de ces réglages et passer dans un autre mode de prise de vue pour obtenir l’image voulue. Nous en reparlerons dans d’autres articles.

Il n’y a pas de recettes miracles. La lumière environnante dictera le plus souvent les réglages que vous devrez prendre. Fiez vous à votre appareil, en mode automatique pour vous donner une base de travail et ensuite influez sur les réglages.

Bien choisir ses réglages pour le portrait

Une scène très exposée, à midi, en été, sous un grand soleil, par exemple, vous conduira à une faible valeur de sensibilité (iso) avec une ouverture très grande, et une durée d’exposition très rapide. Vous avez une scène avec beaucoup de lumière, et même « trop », il faut régler votre appareil pour en capter peu.

De la même manière, une photo de nuit, dans un intérieur peu éclairé, conduira à une photo avec une grande valeur d’iso, une ouverture faible (voire au maximum) pour avoir une durée d’exposition assez rapide pour un portrait. (En général, on considère une vitesse rapide à partir d’un 1/15s. Un œil capte les images à un 1/40s pour information. Pour des photos de sport, ou les actions qui vont vite, on recommande 1/250s. Pour une durée de plus d’un 1/15s, vous risquez, même sur les appareils stabilisés, d’avoir un « flou de bougé ». Le photographe a eu un ou des mouvements durant l’exposition, et le résultat est visible sur l’image. Toute l’image est floue, trouble, un peu double.

Si le flou ne touche que votre modèle, mais que le reste de l’image est net, c’est que la durée d’exposition a été trop longue : votre sujet a bougé pendant la prise d’image. Il est fréquent, en fonction des modèles, de devoir diminuer la durée d’exposition (une vitesse plus rapide). C’est particulièrement vrai avec de jeunes enfants.

Pour des portraits, pour privilégier des portraits naturels et vivants, il vaut mieux influer sur la durée d’exposition, faire en sorte que celle-ci soit la plus faible possible, pour éviter d’avoir un flou de bougé ou que votre modèle ne bouge durant la prise de vue. Si vous n’avez pas de mode portrait sur appareil, choisissez le mode « priorité à la vitesse » de votre appareil (mode « S » ou « Tv »).

Si vous avez encore des flous après ce premier réglage, vous pouvez augmenter la sensibilité : il faudra moins de lumière pour faire une photo, et vous pourrez diminuer la durée d’exposition. La dernière option est d’ajouter des lumières à votre scène. Nous en reparlerons lors des articles consacrés aux éclairages de studio.

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